Le système lacrymal : comment fonctionnent nos larmes ?
Les larmes sont bien plus qu’une simple réaction lorsque nous pleurons. Elles jouent un rôle essentiel dans la protection, l’hydratation et le bon fonctionnement de la surface de l’œil. Elles sont produites par les glandes lacrymales, réparties sur la surface de l’œil, puis évacuées vers les fosses nasales grâce à un système de petits canaux.
Comprendre le fonctionnement du système lacrymal permet aussi de mieux comprendre certains problèmes fréquents comme la sécheresse oculaire, le larmoiement excessif ou l’obstruction des voies lacrymales.
Qu’est-ce que le système lacrymal ?
Le système lacrymal est un ensemble de structures responsables de la production, de la distribution et de l’évacuation des larmes.
Il comprend principalement :
la glande lacrymale ;
les canaux excréteurs ;
le film lacrymal qui recouvre l’œil ;
les points lacrymaux ;
les canalicules lacrymaux ;
le sac lacrymal ;
le conduit nasolacrymal.
Toutes ces structures travaillent ensemble pour maintenir une surface oculaire suffisamment humide et protégée.
1. La glande lacrymale : la principale productrice de larmes
La glande lacrymale se trouve dans la partie supérieure et externe de l’orbite, au-dessus de l’œil.
Elle produit une partie importante de la phase aqueuse des larmes. Lorsque nous clignons des yeux, les larmes sont réparties sur la surface de la cornée et de la conjonctive.
La production lacrymale augmente notamment lorsque l’œil est irrité ou lorsqu’une personne pleure sous l’effet d’une émotion.
2. Le film lacrymal : une fine couche indispensable
À chaque clignement, les paupières étalent un film très fin à la surface de l’œil.
Ce film lacrymal contient plusieurs composants et possède plusieurs fonctions :
maintenir la surface oculaire humide ;
contribuer à protéger la cornée ;
participer à la nutrition de la surface de l’œil ;
éliminer certaines petites particules ;
contribuer à une surface optique régulière nécessaire à une vision nette.
Un film lacrymal de mauvaise qualité ou une production insuffisante peuvent provoquer une sensation de sécheresse ou d’inconfort.
3. La conjonctive
La conjonctive est une membrane qui recouvre le blanc de l’œil et tapisse l’intérieur des paupières.
Elle participe à la protection de l’œil et contribue également à la composition du film lacrymal.
Une irritation de la conjonctive peut provoquer des rougeurs, des démangeaisons ou une sensation de corps étranger.
4. Les points lacrymaux : les petites portes d’évacuation
Près du coin interne de chaque paupière se trouvent de petits orifices appelés points lacrymaux.
Ils permettent aux larmes de quitter progressivement la surface de l’œil.
Il existe normalement un point lacrymal supérieur et un point lacrymal inférieur.
5. Les canalicules lacrymaux
Après avoir été recueillies par les points lacrymaux, les larmes passent dans de petits conduits appelés canalicules lacrymaux.
Ces canalicules acheminent les larmes vers le sac lacrymal.
6. Le sac lacrymal
Le sac lacrymal se situe près du coin interne de l’œil.
Il constitue une petite zone de passage avant que les larmes poursuivent leur trajet vers le nez.
C’est également dans cette région que peuvent se développer certaines infections des voies lacrymales.
7. Le conduit nasolacrymal
Le conduit nasolacrymal permet aux larmes de rejoindre la cavité nasale.
C’est pourquoi, lorsque nous pleurons, nous avons souvent le nez qui coule : une partie des larmes s’écoule naturellement vers les fosses nasales.
Le trajet peut être résumé ainsi :
Glande lacrymale → surface de l’œil → points lacrymaux → canalicules → sac lacrymal → conduit nasolacrymal → nez
Pourquoi avons-nous des larmes ?
Toutes les larmes ne sont pas liées aux émotions. On peut distinguer plusieurs situations.
Les larmes basales
Elles sont produites en permanence en petite quantité afin de maintenir la surface de l’œil humide et protégée.
Nous ne les remarquons généralement pas car elles sont constamment réparties par les clignements des paupières.
Les larmes réflexes
Elles apparaissent lorsque l’œil est exposé à une irritation, par exemple :
fumée ;
poussière ;
vent ;
substances irritantes ;
corps étranger.
Elles permettent notamment de contribuer à éliminer l’élément irritant.
Les larmes émotionnelles
Elles apparaissent lors d’émotions fortes comme la tristesse, mais aussi parfois lors d’une grande joie, d’un soulagement ou d’une émotion intense.
Qu’est-ce que la sécheresse oculaire ?
La sécheresse oculaire survient lorsque les larmes ne sont pas suffisamment produites, s’évaporent trop rapidement ou ne présentent pas une composition permettant de maintenir correctement la surface oculaire.
Elle peut provoquer :
sensation de sable dans les yeux ;
brûlures ;
picotements ;
rougeur ;
fatigue oculaire ;
sensibilité à la lumière ;
vision temporairement floue ;
parfois un larmoiement paradoxal.
Ce dernier point peut sembler surprenant : un œil sec peut parfois produire davantage de larmes réflexes en réponse à l’irritation.
Pourquoi les yeux peuvent-ils larmoyer excessivement ?
Le larmoiement peut avoir différentes causes.
Il peut être provoqué par une production excessive de larmes en réponse à une irritation, mais aussi par un problème d’évacuation.
Par exemple, un rétrécissement ou une obstruction des voies lacrymales peut empêcher les larmes de s’évacuer normalement vers le nez. Elles s’accumulent alors et débordent sur la joue.
Les allergies, certaines irritations oculaires et plusieurs maladies de l’œil peuvent également provoquer un larmoiement.
Les écrans peuvent-ils provoquer une gêne oculaire ?
Lorsque nous regardons longtemps un écran, nous avons tendance à cligner moins souvent des yeux. Cela peut favoriser l’évaporation du film lacrymal et entraîner une sensation de sécheresse ou de fatigue.
Pour réduire l’inconfort, il peut être utile de :
faire régulièrement des pauses ;
regarder au loin de temps en temps ;
cligner volontairement des yeux ;
adapter la luminosité de l’écran ;
éviter de placer un écran trop près des yeux ;
consulter si les symptômes persistent.
Comment prendre soin de ses yeux ?
Quelques habitudes simples peuvent contribuer au confort oculaire :
Bien dormir
Un sommeil insuffisant peut favoriser la fatigue et l’inconfort oculaire.
Éviter la fumée et les irritants
La fumée de cigarette, la poussière et certains environnements très secs peuvent irriter les yeux.
Protéger ses yeux du soleil
Des lunettes de soleil adaptées avec une protection UV peuvent aider à protéger les yeux lors d’une exposition importante au soleil.
Faire des pauses devant les écrans
Des pauses régulières permettent notamment de réduire la fatigue visuelle liée à une utilisation prolongée.
Ne pas frotter les yeux
Se frotter fréquemment les yeux peut augmenter l’irritation, notamment en présence d’allergies.
Quand faut-il consulter ?
Une consultation médicale ou ophtalmologique est recommandée en cas de :
sécheresse persistante ;
douleur oculaire ;
rougeur importante ou persistante ;
baisse de la vision ;
sensibilité importante à la lumière ;
écoulement inhabituel ;
larmoiement persistant sans cause évidente ;
sensation de corps étranger qui ne disparaît pas.
Une douleur importante, une baisse brutale de la vision ou un traumatisme oculaire nécessitent une évaluation médicale rapide.
À retenir
Le système lacrymal est un véritable mécanisme de protection de l’œil. Les larmes humidifient la surface oculaire, participent à sa protection et sont ensuite évacuées vers le nez par un réseau de petits conduits.
Glande lacrymale → larmes → surface de l’œil → points lacrymaux → canalicules → sac lacrymal → conduit nasolacrymal.
Prendre soin de ses yeux passe par des gestes simples : bien dormir, faire des pauses devant les écrans, éviter la fumée et les irritants, protéger ses yeux du soleil et consulter en cas de symptômes persistants ou inhabituels.

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